ALTIMESH : quand le calcul joue la carte graphique !

Depuis une dizaine d’années, l’écosystème du calcul a énormément évolué. Alors qu’auparavant les processeurs x86 d’Intel occupaient la quasi-totalité du marché, ce sont désormais les acteurs tels que NVIDIA proposant des cartes graphiques qui ont diversifié leur offre en détournant l’usage de leurs cartes vers le calcul.
Ces accélérateurs, ou architectures manycore, offrent une capacité de calcul décuplée pour la même consommation électrique, facteur limitant de la puissance des grands calculateurs. Cette sobriété énergétique en fait des acteurs de premier plan dans l’univers de calcul.
A titre d’exemple, le supercalculateur Roméo intègre depuis 1 an plusieurs cartes Nvidia. Ainsi transformées en « accélérateurs », les cartes graphiques et leur nouvel usage ont ouvert un nouveau marché et de nouveaux besoins pour des entreprises telles qu’Altimesh.

Interview de son dirigeant Florent DUGUET.

Vous avez créé votre entreprise en 2008 et employez aujourd’hui 4 personnes à Reims. Que proposez-vous ?

Altimesh est une société d’édition de logiciels. Son offre phare de transformation automatique de code sur cartes graphiques, l’Hybridizer, permet aux développeurs de détourner facilement une carte graphique de son usage initial et la transformer ainsi en un « accélérateur ». L’utilisation des accélérateurs demande de nouvelles méthodologies de programmation, avec des connaissances approfondies sur le calcul parallèle.
Riche d’au moins cinq grands acteurs (AMD, ARM, IBM, Intel, Nvidia), le marché des microprocesseurs est très varié, et les clients ne souhaitent pas investir dans des connaissances dont la pérennité est incertaine. Chacune de ces solutions technologiques présentant des spécificités propres, les utilisateurs sont par ailleurs à la recherche d’une solution commune leur permettant d’utiliser au mieux l’ensemble de ces architectures. C’est ce que propose Altimesh avec son logiciel Hybridizer.
Nous leur permettons concrètement de gagner du temps, et ce à plusieurs niveaux. D’abord sur l’opération d’adaptation de leur code aux nouveaux paradigmes de programmation, puisque notre logiciel automatise une grande partie de ce travail. Ensuite sur le matériel utilisé puisque, agissant comme un compilateur, et offrant plusieurs « cibles » possibles, le choix de l’architecture matérielle peut être indépendant de l’adaptation du code. Cette fonctionnalité va jusqu’à permettre le changement d’architecture matérielle après l’intégration du code. C’est d’ailleurs notre principal avantage concurrentiel.
Nous travaillons à ce jour pour les banques d’investissement, qui ont de forts besoins en calcul pour la valorisation de portefeuilles et l’analyse de risques. Les dernières régulations étant très exigeantes en qualité de simulations, leurs besoins en calcul ont explosé ces dernières années.
Par ailleurs, nous avons une forte activité de R&D et travaillons actuellement sur une offre dans le domaine de la synthèse d’images. Il est vrai qu’à titre personnel, je n’ai jamais vraiment abandonné ce domaine dans lequel j’ai découvert les cartes graphiques.

Parlons de votre environnement concurrentiel : avez-vous beaucoup de concurrents et qu’est-ce qui vous différencie d’eux ?

Notre solution s’applique sur les langages Java et dot-net. Nous n’avons pas identifié de concurrents directs en France. Les seuls à notre connaissance sont au nombre de 3, et sont implantés aux USA et au Royaume-Uni. Leur solution demande souvent aux utilisateurs une réécriture beaucoup plus importante de leur programme, afin de s’adapter à leur modèle. De plus, leur offre s’appuie sur une cible matérielle unique. Enfin, ces solutions concurrentes ne s’intègrent pas ou peu dans les environnements de débogage et de profilage, contrairement à ce que nous proposons chez Altimesh.
Notre solution, elle, ne demande que très peu d’adaptation du code existant, et offre la possibilité de changer d’architecture matérielle avec un code source exactement identique.
On peut ainsi résumer nos avantages concurrentiels : nos solutions sont peu intrusives, flexibles et s’intègrent aux outils standard de développement.

Et en ce qui concerne votre marché et vos clients ?

Même si nous travaillons pour l’instant majoritairement avec les banques d’investissement, toutes les entreprises ayant des besoins en calcul peuvent être intéressées par notre offre.
Nous souhaitons d’ailleurs dorénavant diversifier notre portefeuille clients vers d’autres secteurs tels que l’énergie, les biotechnologies ou encore les utilisateurs de calcul de mécanique des fluides.

C’est d’ailleurs l’une des raisons de votre implication dans l’événement de l’URCA « Reims Image » du 25 au 28 novembre à Reims ?


Exactement. En plus de la logique due à notre activité et notre implantation à Reims, cet événement est pour nous une opportunité pour développer notre notoriété et notre portefeuille clients.
Nous attendons de cet événement de donner plus de visibilité à notre start-up, son offre et son activité de R&D, bref nous faire connaître et rencontrer des clients potentiels, en leur faisant la démonstration de nos logiciels, y compris notre activité « librairies graphiques » en développement dans le domaine de la synthèse d’image.
Altimesh a effectivement choisi pour cela d’être partenaire de la manifestation et nous participerons également aux 27èmes journées de l’Association Française d’Informatique Graphique (AFIG)

Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez ?

Aujourd’hui, le fabricant prédominant de cartes graphiques pour le calcul est Nvidia, et Intel pour les processeurs conventionnels. Chez Altimesh, notre offre intègre à ce jour des processeurs Nvidia et Intel. Notre département R&D travaille actuellement pour intégrer les derniers processeurs IBM : les processeurs Power 8.
C’est en supportant ainsi d’autres technologies, et grâce à nos avantages concurrentiels, que nous espérons élargir notre part de marché potentielle et convaincre de nouveaux clients.

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